25.05.2009
Présentation "Fallait-il tuer Socrate,"
En hommage à Socrate ce précurseur qui nous enseigne ce destin humain plus effet du discours qui le traverse que de ses œuvres.
A tous ceux qui sont mes compagnons dans cette aventure incongrue et nécessaire de marier la Psychanalyse et le Management.
A Olga et Pierre, mes Amis qui pratiquent l’accompagnement d’être et d’entreprendre pour ceux qui pourraient s'y égarer.
A Valérie qui eut l’audace de préfacer l’exercice et Sophie qui se hasarda à l’illustrer
Georges Botet Pradeilles.
PRESENTATION : « Fallait-il tuer Socrate, ou l’Assassinat collectif de la vertu », Abbaye Saint Pierre des Canons le 15/05/09
Ce discours qui nous échappe et nous trame offre au monde la surenchère incessante du Moi qui veut advenir. Parler, c’est être. Penser est une affaire plus contingente que certains écriraient panser et d’autres dépenser, n’en déplaise à Descartes…
Il faut faire vite. Nous savons bien que le réel nous guette. Quoi que nous fassions nous n’exorciserons jamais l’angoisse de notre fin qu’accompagne insidieusement l’inquiétude de nos insuffisances secrètes. Cette conscience dont Freud nous a enseigné la précoce mise au cachot les pointe de son implacable doigt, avec nos honteux et abusifs appétits infantiles comme première strate d’une géologie de la dissimulation…
Ne nous y trompons pas, de cette profondeur où on l’ensevelit elle sait encore glisser sous la porte les messages à l’enfant fautif que nous feignons de ne pas voir …
La flambée libidinale précoce et inopportune de la reproduction sexuée demeure enchâssée dans cette culpabilité originelle qui pousse à frauder et mentir.
Mais dans l’observation du vieillissement du monde parental, une figure plus terrible apparaît bientôt, elle est annonciatrice de la mort.
Au sortir du désir toujours juvénile qui nous possède dans l’étrange ambivalence de la fascination imaginaire de ses objets, aussi vaine que nécessaire, il nous faut un ordre qui nous origine et nous adresse...Sans cela on ne peut que rester accablé par la précarité de l’instant que l’on sait intimement dérisoire dans le triomphe ou le désastre…
Surenchérir dans la réalité pour être davantage ne suffit pas. Un besoin de perfection et d’éternité nous conduit à imaginer ce monde parallèle où l’on serait justifié et absout.
Eros parvenu à son point de non retour, Cupidon compte ses dernières flèches, et chacun se maquille des atours qui leurrent Thanatos.
La porte familiale s’est refermée derrière nous et nous portons cette tragédie de la perte d’une enfance inachevée où rien ne s’est vraiment consommé de l’abus et du pardon. La jouer sans écho sur une scène vide devant un public poli et indifférent, voire agacé, devient terrifiant à l’instant de la violence révélatrice des éclairages dans la dérobade des partenaires…
Cette niche parentale imaginaire où l’on attendait la bienveillance et cette attention rassurante de l’autre qui fait que l’on se sent quasi éternel et heureux d’être soi devient improbable. Le corps rencontre ses limites et savoir n’apporte aucune sérénité…
Vient le temps où seul demeure le Verbe.
Surhumain, il se dépouille des utilitarismes dont on l’a affublé. Les prétextes et les justifications se font dérisoires. Il vient de ce lieu où la mort à authentifié la parole de tous ces prédécesseurs, contraints à la vérité éternelle par le dépouillement de leur substance.
Le langage est un héritage incommode qu’il faut s’approprier en s’autorisant l’usufruit. Chacun fait comme il peut. L’outil se prête à tous les usages, médiocres, abusifs et opportuns auxquels on le réduit.
Mais il se réveille parfois dans ce chant plus profond venant d’un en deçà qui nous traverse… Au-delà du public qui aujourd’hui applaudit dans la salle vibre encore un ordre où les peintres de Lascaux étreignent les sculpteurs du Parthénon et les bâtisseurs de Cathédrales.
Aucun chimiste, informaticien, financier, manager ou politique de nos organisations n’entre dans cette liturgie poétique où le sens de l’homme n’est plus existence mais essence.
L’acteur qui sert le verbe devient oracle et récitant. Il parle sans masque, seulement attentif à l’écoute de cet Autre qui exige en lui l’exactitude la plus désintéressée et rigoureuse.
C’est le moment de prendre place dans ces références qui constituent l’histoire et la culture humaine. Dans ce creuset inconcevable, qui signifie mais ne saurait se représenter, l’humain accède au sacré. Il lui reste seulement à transmettre ce patrimoine impalpable de l’esprit conscient que l’on peut nommer comme l’on veut.
Que reste-t-il à défendre de soi dans la prétention, la parade ou la requête ?
Aucun procureur ne reçoit là les plaintes. Nul maître n’est à solliciter par des revendications et l’on ne craint plus les exigences.
Le Verbe ne promettant rien la foule ne l’acclame pas, elle devient silencieuse et redoute cette vérité qui dénude impitoyablement les rois.
Il se dit et les conséquences importent peu à l’esprit libre que possède l’énonciation au-delà de tous les énoncés en quête de leur plus value …Cette spiritualité immanente ne saurait s’écrire ou se ritualiser. La pensée se soutient de l’audace de ce langage fait de la lente émergence de l’exactitude des mots qui tracent l’humain dans son souci d’éternité.
Peut-être ce qui demeure n’est qu’une esthétique irréfutable et nécessaire dans le rapport à la mort…
Il nous fallut Socrate qui ne mourût pas pour la liberté, la patrie, le droit des humbles, une version plus glorieuse de Dieu où l’on s’arroge ses faveurs, où l’allégeance féodale à un quelconque clan. Ou plus prosaïquement pour rien.
Le vieil Athénien servait la logique immortelle de Verbe. Ici l’être de passion et de prétexte doit enfin se taire pour prêter sa voix à l’exactitude de l’Autre. Ce chœur où se conjuguent l’infinité des consciences qui tentent depuis toujours de tisser une enveloppe sensée à l’humain.
Le questionnement Socratique est exigeant jusqu’au sens auquel il contraint sans dérobade possible. Le vrai qui s’y signifie n’appartient à personne et nul ne peut s’en prévaloir. L’appartenance, l’école, l’étiquette, n’ont plus rien à faire là où chacun se doit se reconnaître dans cette énonciation sans fard qui l’engage redoutablement au-delà de ses intérêts. Tricheurs, voleurs, naïfs idéalistes et outrecuidants sont dévoilés au toucher de cette vérité qui les frappe. Une rude voix leur annonce : « Qui es tu, toi qui te targue d’être davantage ? De quel droit t’autorises-tu ? Qu’as-tu fait d’excellent qui puisse soutenir l’excès de ta prétention ? »
L’affaire est rude.
Elle touche le corps réel, insupportable sans les travestissements et les rôles qui permettent de devenir acteur de la pièce cruelle qui se joue dans les enjeux de séduction, de pouvoir et de maîtrise. L’enfant en nous qui aguiche, ment ou se dérobe perd ici l’usage de ses ruses coutumières.
Le désir cesse d’être ce pourvoyeur incessant de leurres faisant ce paraître où l’on est soi même pris. Ce qui émerge n’est plus l’opportune justification dans l’actuel. Le questionnement introduit une Autre exigence.
Le langage par ses effets de structure met chacun à raison.
Que rétorquer au pourquoi et comment ? Quel courage mobiliser pour affronter le où et quand ?
Que répondre à ce terrible pour qui ? Chacun mesure là sa solitude et sa faiblesse d’arguments.
Socrate vient et campe dans son essence le discours de la Philosophie sans aucune de ces habiles thèses explicatives où la raison toujours prudente cherche à le réduire à un ordonnancement rassurant.
La pensée cesse d’osciller entre la chose et l’idée dans ces arrangements douteux du Moi qui se restaure sans cesse dans le rituel de ses pratiques en s’assurant du glacis qu’il oppose à l’autre…
Cette parole étrange et nouvelle ne s’inspire ni de stratégies, ni de précautions. Il importe peu que l’autre soit allié ou ennemi. Il ne sera pas plus disciple qu’élève dans l’harmonie d’un discours constitué qui s’érigerait dans l’ordre d’une règle. Ici rien ne saurait s’écrire d’autre que ce sens émergent qui fait l’instant fécond.
Il ne s’agit pas d’amener à un meilleur jugement dont on indiquerait les ressorts. Le vrai du moment nait de cet échange de paroles faisant apparaître cette exactitude commune que chacun porte en soi sous ses convictions différentes. L’esprit humain est ainsi fait qu’il lui faut reconstruire sans cesse et en toutes circonstances de nouvelles convergences.
Rien n’est jamais acquis dit le poète…
Il ne s’agit pas davantage de rechercher cette efficacité qui permet de rendre la réalité maîtrisable par cette subtilité des procédés de domination que pratiquent les joueurs joignant l’observation respectueuse de l’adversaire à l’audace du coup.
L’argumentation des sophistes allant dans ce fil n’est que l’art d’user des mots comme d’une balle pour se donner raison. La lettre prime sur le sens, c’est une pratique de pouvoir plus qu’une quête d’exactitude.
Il ne s’agit pas non plus de professer cette morale du bien que le surmoi grondeur, issu de vigoureuses ou bienveillantes admonestations parentales, va nous inspirer par son appropriation adulte. Le propos n’est pas de ce père qui voudrait rendre chacun bon enfant ou enfant docile.
Rien n’engage également à ces ascèses contemplatives qui imposent un ordre sage jugulant les élans pulsionnels du corps et des paroles. Le vrai ne se satisfait pas plus des refuges de la méditation que des provocantes dérobades cyniques. Avec Socrate le stylite descend de son superbe perchoir
La nécessité d’exactitude demande une prise de risque qu’impose la permanence de sa quête…L’exemplarité Bouddhiste ou Confucéenne minimalise l’aveu que Socrate exige de chacun. Toute chose doit être saisie dans son essence et signifiée…
Le formel, l’apparent, le convenu sont à confronter aux solides références de l’expérience commune dans une épreuve qui fait constat d’authenticité.
Le discours s’infléchit vers ce partage, consenti ou imposé, de la logique du langage au-delà des habiles raccourcis.
La démonstration absurde de Salomon qui recommandait en toute justice de couper en deux l’enfant objet du litige doit être surpassée par de meilleurs arguments.
Le vrai est ce choix commun de mots justes où chacun échappe à l’autarcie, souvent cohérente, de son délire intime.
Il n’y a pas d’autre opérateur que la dynamique du dialogue qui contraigne à la convergence. Dans les sociétés antiques c’était souvent le pouvoir de sa parole qui affranchissait l’esclave mieux que d’excellents principes où ses mérites n’auraient pas pris part.
Cette vertu qui émanait de la personne ne visait ni les définitions du mal et du bien, ni une tolérance de l’esprit, ni une générosité de cœur.
Il faut citer Epictète auquel son maître infligeait une punition par quelque appareil de supplice qui tordait la jambe. Il fit remarquer à son bourreau : « Tu vas la casser… » . Effectivement la jambe cassa et Epictète releva la sottise en s’exclamant : « Je te l’avais bien dit ! ».
La parole exacte renvoie tout acte à son absurdité.
Mais il faut là cette détermination extrême de l’orateur qui le rende plus attentif au signifiant qu’à lui-même.
Voici une pratique que s’autorisent seuls les fous et les comiques qui nous parodient sur scène, sur cette place circonscrite où le vrai s’autorise par une étrange dérogation …Par un renversement subtil l’acteur devient porteur de l’authentique dans son simulacre…
La fraude où chacun se protège dans ses affaires ordinaires fait structure. La provocation hystérique et le calfeutrage obsessionnel se restaurent sans cesse insidieusement dans le fonctionnement quotidien.
L’état humain, dans ses déclinaisons solitaires, oscille entre l’insatisfaction et l’abus sur le fond diffus de cette perte promise qui nous constitue et dont il faut conjurer l’angoisse…
Le dispositif analytique par ses contraintes à un retour transférentiel infantile, abstinent et rétrograde dans l’enfance restaure parfois à terme un rapport plus authentique à lui-même chez l’analysant.
Mais le recours à ces gens peu complaisants que sont les psychanalystes, les accoucheurs et les dentistes demande que l’on y soit poussé par une forte nécessité. La cruauté de leur profession induit d’ailleurs une pratique latente du mensonge que l’on prêtait jadis aux arracheurs de dents.
L’ordre symbolique nous est nécessaire comme support du juste, de l’exact et d’un durable au-delà de soi, qui puisse s’énoncer de façon partagée.
Il faut convenir de sa préexistence dans une exo structure qui nous soumet.
La loi n’en est qu’une transcription locale commode. Elle fait gagner en temps, mais l’appauvrissement institutionnel de la palabre nous laisse orphelins de cette dimension humaine résultant de l’usage du lien. Nous vivons aujourd’hui dans cet étrange paradoxe de la loi qui répare jusqu’au point où elle déresponsabilise…
Le fou Socrate ramène le langage à cette fonction garante de cohérence qui crée le groupe par la communication. Les organisations sociales, des insectes aux mammifères sont fondées sur l’exactitude rigoureuse des échanges.
Le morcellement et la formalisation opportune du discours dans les familles, les cités et les états et les organisations est un signe sûr du déclin du Corps Social. Une complaisance de fond permet rarement l’émergence d’un ordre symbolique au-delà d’enjeux spécifiquement utilitaristes.
Athènes dépérissait du repli des réseaux sociaux après les illusions de la Démocratie et cette sagesse fédératrice de Périclès veillant à ce qu’aucun citoyen ne subisse de dommage.
Sparte prenait forme dans le moule d’un plus rude langage.
Le discours politique d’aujourd’hui tient de la manipulation hystérisée du camelot qui fait toujours miroiter un quelconque pacotille de circonstance…Ou du formalisme prudent de ceux qui s’appliquent à suivre les voies médianes, sûres, mais pauvres en fruit et en cette richesse d’émotion où l’adhésion est toujours en passe d’être reniée ou transgressée.
Faute d’un rétablissement vertueux du sens partageable, le Moi se complait dans les plaintes et les surenchères où il s’auto justifie sans cesse. Libéré des contraintes qu’impose la vertu collective, il se laisse également aller à dissimuler des bénéfices indus dans ses poches secrètes.
En contrepartie la désadaptation à la réalité dont le véracité n’échappe pas à notre jugement, bien que nous en pratiquions sans cesse la dénégation, fonde le doute permanent de la névrose.
Cette double jouissance transgressive est de nature à combler l’appareil narcissique profond, mais donne sans doute peu ce plaisir d’être et de faire innocemment que l’on trouve aujourd’hui étonnant chez ceux qui le pratiquent ...
L‘attachement du Moi aux bénéfices cachés préserve cependant comme certains désavantages et maladies évitent des engagements plus risqués. La pratique de la vertu réclame un courage physique…
Nul n’est innocent, l’exercice vertueux de l’exactitude partagée dans le dialogue est ouvert à tous. Mais les voies de dérobade sont multiples…
Chaque conscience, taraudée par le questionnement Socratique, pourrait portant parvenir à l’aveu où la signification échappe aux avatars du retour pesant du signifié.
Seul demeurerait le verbe qui se soutient de lui-même et prend cette fonction phallique à laquelle il faut bien se prêter…
Quelques sages, à l’oblativité incontestée, sont régulièrement réélus Maires de leur village, de manière plus unanime que majoritaire, sans agiter de prétexte ou une couleur qui les authentifie.
A partir de ce point on peut renoncer aux espérances névrotiques d’accomplissement narcissique. Le sujet d’une énonciation qui libère de la pesanteur du signifié devient lui-même signifiant. Cet écho est garant de la continuité et de la pérennité de l’ordre symbolique.
Toute perte devient contingente. L’atteinte du corps elle même est moins redoutable. On meurt sans doute moins si c’est en parlant juste.
La leçon Socratique du rapport fondamental de l’homme au réel est dure. Elle ne promet ni sérénité, ni vie future, ni même réincarnation majorante pour les plus méritants. Socrate n’est ni martyr, ni Saint.
Seul demeurera le verbe gratuit, égalitaire, accessible à tous, fondant le pouvoir d’énoncer le juste, le vrai, l’équitable, le partageable, toute cette immatérialité des valeurs qui ne sauraient être les objets des pulsions, ni le privilège des positions, assises ou revendicatives. Le surmoi lui-même cotise plus modérément à la mesure de ses ressources…
On conçoit que bien des gens payent cher les Maîtres qui professent l’efficacité et la satisfaction ici et maintenant. Les sectes qui offrent mieux dans un au delà garanti par un Gourou inspiré regorgent d’adeptes. Un peu de magie permet d’entretenir le déni de la précarité humaine structurelle et justifier la surenchère des abus d’être…
L’interpellation du maïeuticien Socrate, fils de Sage Femme et de Sculpteur, attentif à l’immanence des formes, porteur de la mission sacrée confirmée par l’oracle de Delphes, de faire du verbe l’essence de l’homme, ne peut qu’élever sans complaisance le niveau de l’interlocuteur.
- Que cache cette conscience que tu dissimules sous ton habit ?
Le sens est à construire sans cesse au-delà du savoir et de la position.
Qui nous interpelle ainsi dans nos sociétés consuméristes et utilitaristes ?
Le culte du Moi et de l’Objet, dans une immédiateté qui annule les patines du temps et les patiences du langage, étourdit dans un emballement effréné et illusoire.
Même chez les étoiles, les géantes rouges sont vouées à devenir des naines blanches, voire même - dit-on - des trous noirs.
Cette brave dame qui partait une semaine avait préparé sept soupes pour son chien, il les mangeât le même jour et mourut. Fou qui s’attache aux perfections et aux complétudes qui le rassurent.
Socrate n’est plus là pour tancer ceux qui n’énoncent que le plus d’être et le plus d’avoir…
Mais l’Athénien, laid et ironique est toujours présent. Il lui était inutile d’écrire. Son injonction fonde l’ordre qui se forme sans cesse des mots qu’il faut pour nous dominer.
Il ne cesse de nous questionner pour peu que l’on tende l’oreille.
Il importe peu que Socrate ait-été vraiment vertueux, ou même sain d’esprit. Il a ouvert cette voie où l’exactitude se met en mots. Chacun la connaît, elle réside dans ce : « Connais-toi toi-même » où se condense la conscience à un degré supérieur et surhumain dans une continuité qui efface la mort.
Il est réconfortant d’écouter son silence qu’a abusivement trahi Platon.
De cette faille vivante de la matière où git l’innommable de l’angoisse surgit cette énonciation qui nous surprend. Ceux qui se prennent généralement pour eux mêmes, dans leurs duplicités profanes ou religieuses, vont s’entendre parfois dans cet aveu où la créature se soumet à son destin mortel en accédant à l’épreuve fatale du vrai. Elle s’en trouve généralement mieux.
Une liberté d’esprit nouvelle permet alors ces transgressions étonnantes de l’amour et de l’intelligence, avec cette audace et cette plasticité qui ouvrent sans cesse de nouveaux possibles. Le discours Socratique, c’est le signifiant qui fait Structure.
Pour en faire image je ne saurais dire mieux que ce grand père qui m’enseignât l’exactitude du tranchant d’une faux et cette grand-mère qui me fit visiter les tombes des morts dont les paroles faisaient son histoire. Rien du faire ou du ressentir ne m’est étranger.
Au fil des ans, des fonctions, des enthousiasmes et des reniements, Socrate m’est devenu infiniment proche.
Georges Botet Pradeilles, Le 15 Mai 2009, Abbaye Saint Pierre des Canons.
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